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Biodiversité et pandémies : les conclusions du GIEC dépeignent un futur inquiétant

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Résumé

 

Les récentes conclusions du GIEC de la biodiversité, publiées en octobre dernier, font état d’un lien palpable entre la dégradation de la biodiversité et les pandémies. D’après cette étude, on devrait s’attendre dans les prochaines années, à une récurrence des pandémies avec des niveaux de propagation plus rapides, un taux de létalité important et un impact économique inédit.

 

Le sujet était déjà mis en lumière en avril par des experts de l’IPBES, plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques. Un rapport de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) publié en juin dernier va dans le même sens.

 

Pour les 22 experts du GIEC de la biodiversité, l’ultime solution pour contrer ce scénario serait un réel changement de paradigme en matière de prévention. D’autant plus que les scientifiques évaluent le coût de prévention comme étant cent fois moins élevé que l’action curative (vaccin, médicament, etc.).

Contenu

Le dernier rapport du GIEC de la biodiversité, publié en octobre se veut inquiétant. Il nous alerte sur l’impact des activités humaines sur la survenue de futures pandémies. Ces pandémies seraient en effet, plus nocives, plus contagieuses avec des impacts économiques catastrophiques. Un tel constat était déjà évoqué par des experts de l’IPBES en avril et un rapport de la fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) publié en juin.

 

En effet, face aux multiples prises de position sur les liens entre l’épidémie de Covid-19 et la dégradation de la biodiversité, la FRB s’est vu confier la mission de clarifier la problématique. Après synthèse des connaissances scientifiques sur le sujet, la FRB conclut que le risque de zoonoses est accentué par l’érosion de la biodiversité, du fait de facteurs anthropiques.

 

D’après les 22 experts internationaux du GIEC de la biodiversité ayant participé à cette analyse, la seule solution pour y faire face serait de revoir les politiques de prévention. D’autant plus qu’aujourd’hui près de 850 000 virus inconnus circulent dans la nature et sont susceptibles de contaminer l’être humain. Les activités humaines les plus problématiques seraient notamment : les changements d’utilisation des terres, l’expansion et l’intensification de l’agriculture ainsi que la production et la consommation non durables.

 

Pour ces scientifiques, prioriser une démarche préventive serait cent fois moins couteux que l’action curative par les vaccins et les médicaments. Cette dernière étant de surcroît lente et peu sûre. Pour ce faire, ils préconisent entre autres, la création d’un conseil intergouvernemental sur la prévention des pandémies. Cette entité devrait fournir aux décideurs politiques, des données plus fiables sur les maladies émergentes.

 

De plus, les scientifiques du GIEC recommandent des actions spécifiques vis-à-vis du commerce des espèces sauvages, de la déforestation ainsi que l’intégration des risques de pandémie dans l’étude d’impact des grands projets d’aménagement et d’utilisation des terres. La mise en place d’une taxation sur les activités à haut risque de pandémie est également envisagée. Ces taxes pourraient s’appliquer par exemple à la consommation de viande et/ou la production animale.

 

Par ailleurs, le rapport préconise une intégration du mouvement « Un monde, une santé » aux politiques nationales. Développé par l’Organisation Mondiale pour la Santé (OMS), cette approche met en lumière les liens étroits entre la santé humaine, la santé animale, les plantes et l’environnement. Basée sur une approche multisectorielle, le concept « one Health » prend également en compte les impacts à long terme des différents scénarios de développement.