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La trajectoire énergétique de la France pour les dix prochaines années est connue

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Résumé

Présentée en novembre dernier par le président Emmanuel Macron, les grands axes de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) sont les suivants : sortie des énergies fossiles d’ici 2050, baisse de la part du nucléaire à 50 % d’ici 2035, fermeture des centrales à charbon d’ici à 2022, doublement de la capacité électrique installée des énergies renouvelables les plus compétitives d’ici 2028 et baisse de la consommation finale d’énergie par rapport à 2012 de 7% en 2023 et de 14% en 2028. Ce programme sera soumis pendant trois mois à une concertation dans les territoires pour élaborer des solutions et des outils de mise en œuvre de la PPE.

 

Qui est concerné ?

Les secteurs des transports, du bâtiment et de l’industrie seront particulièrement ciblés notamment pour l’objectif de baisse de 20 % de la consommation primaire d’énergies fossiles en 2023 par rapport à 2012 et de 35 % en 2028.

 

Quelles dispositions ?

  •  35% de consommation d’énergie fossile en moins d’ici 2028

En matière de logement, la programmation pluriannuelle de l’énergie prévoit de remplacer la moitié des installations de chauffage à charbon encore en fonctionnement (10.000 unités), un tiers des chaudières fioul (1 million d’unités) par du chauffage plus performant, près de 9,5 millions de logements chauffés au bois avec un appareil efficace et de rénover 2,5 millions de logements de manière performante ou très performante en 2023. De plus, la nouvelle réglementation sur les bâtiments rendra obligatoire un taux minimum de chaleur renouvelable dans tous les bâtiments neufs (individuel, collectif et tertiaire) dès 2020 et intégrera un critère sur les émissions de gaz à effet de serre sur l’ensemble du cycle de vie du bâtiment.

 

Pour une mobilité durable, le gouvernement envisage un déploiement de 1,2 millions de véhicules électriques d’ici 2023 et 4,8 millions d’ici 2028 ainsi qu’une mise sur le marché de véhicules thermiques consommant 4l/100 km d’ici 2030.

 

L’industrie n’est pas en reste car elle devra réduire de 75 % sa consommation de charbon, hors sidérurgie, d’ici 2028 au profit de la biomasse.

 

  • 40 % de production électrique renouvelable à l’horizon 2030

Le financement public des énergies renouvelables passera de 5,5 milliards en 2019 à 8 milliards d’ici 2029. Pour atteindre les capacités de production de 35,6 à 44,5 GW en 2028, et 20,6 GW en 2023, le parc photovoltaïque sera multiplié par cinq. Il s’agira prioritairement d’installations au sol qui représentent un coût moins important. Pour la méthanisation, la PPE prévoit une capacité de 0,27 GW en 2023 et entre 0,34 et 0,41 GW en 2028. La production de chaleur renouvelable augmentera de 40 à 59 % d’ici 2028. Le fonds chaleur sera porté à 315 M€ en 2019, 350 M€ en 2020 et 2021 puis 339 M€ en 2022.

 

Le parc hydroélectrique sera étendu pour atteindre 25,7 GW en 2023, et entre 26,4 et 26,7 GW en 2028. Le parc éolien terrestre sera quant à lui multiplié par trois pour atteindre entre 34,1 et 35,6 GW en 2028, avec un objectif intermédiaire de 24,6 GW en 2023. L’éolien offshore devrait représenter 2,4 GW en 2023 et 4,7 à 5,2 GW en 2028 ceci grâce à des appels d’offres lancés pour développer 1 GW d’éolien posé en 2020 et 1,5 GW en 2023-2024, 250 MW d’éolien flottant en Bretagne et 250 MW en Méditerranée entre 2020 et 2022.

 

  • Baisse de 50% de la part de l’énergie nucléaire d’ici 2035

Le gouvernement envisage la fermeture de 14 réacteurs dont ceux de Tricastin, Bugey, Saint Laurent, Le Blayais, Gravelines, Dampierre, Cruas, Chinon et les deux de Fessenheim (). Le rythme de fermeture sera fonction de la sécurité d’approvisionnement, la disponibilité des énergies renouvelables et les relations avec les pays voisins. La vétusté, l’ampleur des travaux de mise à niveau et l’avis de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) seront les critères de choix et l’avis sera soumis pendant trois moins à la concertation des territoires.

 

Le président Macron précise par ailleurs qu’il ne s’agit pas de fermetures totales et François de Rugy, ministre de la transition écologique et solidaire précise que de nouveaux réacteurs pourraient être construits en remplacement de ceux fermés.

 

Quels délais ?

EDF devrait transmettre au gouvernement d’ici 2021 un programme détaillé sur les avancées technologiques attendues et l’évolution des coûts. Ce document sera déterminant pour le devenir de l’entreprise qui connaitra certainement une profonde restructuration.